Un jour sans nuit se lève

Un jour sans nuit se lève
L'espoir est en train de mourir comme ce jour qui s'éteint. Ils sont des instants pire que la mort. Des instants qui, plus que nous hanter, nous possèdent comme des démons pervers et lascifs.

Ces moments d'intense détresse sont-ils des fantômes du passé ou les ombres de l'avenir? Il nous appartient chaque jour de définir leur nature pour gravir les marches de cet escalier perpétuel. Le combat est une chimère, la victoire une légende perdue. Existerait-il un passage vers quelque chose qui nous dressserai enfin vers la lumière?

Bien sur qu'il existe: sournoise transition vers de nouveaux précipices eux mêmes enfouis dans les tréfonds de nous mêmes.[/
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# Posté le jeudi 16 mars 2006 07:28

Les Larmes de l'Ange

Les Larmes de l'Ange
Il y a bien longtemps que la nuit est tombé sur son azur enchanté, il y a bien longtemps que l'astre céleste s'est endormi à jamais dans son c½ur embrumé. La lumière autrefois le baignait de sa rayonnante chaleur, aujourd'hui la noirceur des hommes l'a entouré de ténèbres. Les fleurs qui sous ses pas s'épanouissaient dans toute leur splendeur éphémère sont pour toujours fanées, car maintenant, dans son obscur sillon les voilà qui se dessèchent inexorablement.

A cette vue, l'ange se retourne et les observe il pense tout bas : pourquoi donc moi qui répandait joie et lumière, je ne sème aujourd'hui que malheur, maladie et mort. Les larmes cristallines coulent sur son visage de jade et dans leur chute se teintent de rouge. Les gouttes de sang tombent sur ses mains ancrées à la terre sèche. Quelle triste boisson pour cette soif de vie à jamais aspirée dans quelque précipice de l'enfer.
L'ange ferme ses yeux pour retenir ses pleurs morbides qui viennent achever la destruction du monde. Puis il lève son regard de désespoir vers les cieux obscurs. Et dans cette immensité mouchetée de diamants éteints, aucun secours n'est maintenant possible.

Ses ailes sont brisées, son âme est morte. Il se lève et s'enveloppe dans ses voiles immaculés qui flottent derrière lui tel un transparent linceul. Les vents de la montagne font de l'ange un fantôme égaré entre la terre et le ciel, un perpétuel condamné entre l'enfer qu'il a créé chez les hommes et les cieux de ses ancêtres. Sous ses pas le sol crie sa douleur givrée et sous la nuit l'ange hurle sa tragique destinée.
De lui, il n'y a que son long murmure qui s'élève jusqu'aux étoiles, plainte d'une âme qui ne s'envolera jamais, clameur d'un être, fut-il de lumière, à jamais torturé.

# Posté le jeudi 16 mars 2006 07:31

Une lumière noire

Une lumière noire
L'insondable nuit s'est abattue sur nos épaules épuisées et nous n'avons de cesse de nous débattre en repoussant chaque jour un peu plus la sombre finalité de notre existence. Les chimères de notre enfance n'ont de cesse d'apporter un peu de clarté, mais que devient la magie de nos esprits quand nous devenons des lâches et des traîtres à nous mêmes.

Sachez que ce temps ne durera pas et que nos souffrances trouveront leur terme très bientôt. Domptez la mort ou laissez la vous prendre dans ses bras ensorceleurs et vous raconter comment elle va vous plonger dans le plus délicieux des sommeils.[/
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# Posté le jeudi 16 mars 2006 08:03

Le Gouffre des Morts

Le Gouffre des Morts
Noire est la nuit qui s'étend jusqu'aux confins du monde, noir est ce ciel d'encre scintillant de mondes disparus et noires sont les entrailles de la terre que nous foulons inexorablement. Les mystères qui nous entourent se plaisent tant à berner les hommes et leur arrogance, les abandonnant chaque fois un peu plus loin dans leurs secrets cent fois millénaires.

Ce soir je décide de prendre un nouveau chemin, celui qui m'emmènera loin, à mille lieues de toute vie, là où la folie humaine n'en est jamais revenue. C'est un lieu empreint de magie et de ténèbres, c'est là que les morts parlent.

D'où je me trouve je peux entendre leurs murmures ponctués de plaintives lamentations. Ces cris ne ressemblent pas à nos voix, non, ce sont des bruissements végétaux et des hululements venteux. Ils envahissent la plaine toute entière et semblent se perdent en rejoignant les cieux nocturnes. Je progresse sans bruit vers l'antre infernale puis arrête mon avancée là où le sol s'immerge vers un gigantesque cratère d'une profondeur invisible. Me voilà donc arrivée au bout du monde et mon voyage touche presque à sa fin.

Je fais un pas dans cette abrupte dénivellation qui me semble étrangement douce, puis deux et le royaume ténébreux m'ouvre alors les bras. C'est un endroit d'une glaciale chaleur qui s'offre à moi et plus je m'avance, plus les yeux qui me fixent se multiplient. Ici la roche est noire, les parois et ce qui ressemble à un frêle ruisseau englués d'obscurité. Les seules lumières viennent de leurs regards rougeoyants. Je hasarde ma vue sur la pente qui m'a conduite jusque ici mais je ne voit que ce précipice déchiqueté et prend conscience de ma captivité.

Je suis désormais à leur merci et leurs bras déchirés par la décomposition de leurs chairs s'avancent vers moi. Ils ressemblent à une armée fantômes dans leurs vêtements crasseux qui volent autour de leur corps gris et squelettiques. Ma retraite est définitivement coupée par la roche qui m'accule à leurs perversions. Je sens une main dure et vigoureuse me saisir le bras pour m'attirer violemment dans leur horde de démons. Le contact est douloureux mais je me libère. Maintenant ils sont partout autour de moi, collés contre moi et leurs chairs putréfiées se plaisent à toucher la mienne. Devant moi ces crânes aux orbites plus ou moins remplies desquelles jaillissent deux feux sanglants me convertissent à leur démoniaque confrérie.

Ils me conduisent face à celui qui doit être leur souverain. Celui ci lève son bras d'os paré d'hermine et de satin noir et la horde puante se tait. Puis ce bras se tend vers moi et il pose ses yeux vides sur moi. C'est alors que mon esprit me révèle le plus affreux des secrets : ce fantôme qui me tend la main, je le connais depuis toujours et le contact avec le squelette de sa main m'est étrangement familier. J'observe le gouffre de son regard et je vois mes propres yeux qui me contemplent intensément et j'entre enfin en contact avec le plus profond de mon âme.

Le gouffre des Morts est en chacun de nous, il fait partit de notre être, soit-il la partie la plus terrifiante de celui ci. A vous de l'accepter ou de le détruire sans jamais se renier soi même. Le retour au bercail de la mort peut être le fait du plus tragique des accidents ou alors une délicieuse récompense à l'issue du plus terrible des voyages. Ils sont des instants pires que la mort... Ceux ci nous font regretter d'avoir un jour eu le droit de regarder la lumière et d'avoir goûter à la joie de vivre.

# Posté le dimanche 19 mars 2006 09:07

L'ange noir approche

L'ange noir approche
La masse informe des gens qui m'entourent est devenue mon tombeau. Ils s'avancent et me parlent mais leurs mots sonnent creux, leurs bouches sentent l'hypocrisie et le mensonge et leurs langues ne sont qu'un visqueux appendice sensé donner du corps à ces paroles absurdes. Je ne dis pas que mon dialogue est meilleur car ce n'est qu'un profond silence qu'ils peuvent entendre : car parler à ces êtres est travailler à sa propre trahison et se lier avec eux c'est participer à l'élaboration de la plus grande des impostures.
Pourquoi la vérité entre les hommes s'est-elle éteinte ? Nous n'avons de cesse de masquer notre nature profonde dans des mots qui savent s'adapter à chaque personne qui passe dans notre vie : ce masque nous permettrait de survivre alors qu'il ne fait que nous détruire insidieusement. C'est un travail de fourmi qui s'élabore à l'intérieur de nous même et qui se plait à ne laisser aucune chance à notre sincérité et à l'amour naturel qui nous pousse vers les autres.
Autour de nous le chaos s'installe, un peu partout la décadence apparaît : décadence des beautés de notre planète, enlisement du pouvoir, agonie des m½urs et je crois que notre conscience collective et individuelle n'échappe pas à cette douce mort.
Le ciel s'assombrit et l'horizon se bouche, la fin du voyage est annoncée. Celui ci avait été entrepris il y a bien longtemps lorsque fruits et racines constituaient notre menu ; nous étions alors en étroite communion avec la communauté et le cosmos. Les millénaires passèrent et nous furent alors corrompus, corrompus par des hiérarchies avilissantes et la quête de la richesse. Les hommes s'endormiront à jamais dans le doux cocon du mensonge et de l'hypocrisie construit par eux, pour eux et contre eux.

# Posté le dimanche 02 avril 2006 11:04

Modifié le lundi 11 juin 2007 10:01